Une nouvelle fois, la gauche échoue à conquérir le 5ème arrondissement, malgré un contexte nationalement favorable.
Les 9 et 16 mars, la gauche emporte nettement les élections municipales, notamment dans les très grandes villes, et conforte la majorité de départements qu’elle détient. Au vu des résultats, le Parti socialiste ne doit rien abandonner de ses valeurs, mais, en même temps, il doit porter un message de rénovation, de renouvellement, de rassemblement. Ce résultat nous oblige et nous devons être à la hauteur de la confiance qui nous a été prodiguée à l’échelle locale.
Ces bons résultats vont avoir une influence sur l’évolution de notre parti. Le poids des grands élus va encore s’accroître et leur soutien sera plus que jamais nécessaire pour la prochaine élection présidentielle. Et notre candidat sera sans doute d’abord un grand élu local. La gestion d’une grande collectivité locale deviendra un préalable obligé de la présidentialité d’un candidat. Mais c’est un autre débat…
A Paris, la gauche amplifie, le 16 mars, avec 57,7%, son score du premier tour (41,6%). Elle est majoritaire en voix, contrairement à 2001, et les socialistes disposent à eux seuls de la majorité au Conseil de Paris, avec 72 sièges sur 163. La majorité de gauche progresse de 92 à 97 sièges malgré le recul des Verts de 17 à 9 sièges. La gauche réalise des performances impressionnantes dans ses bastions du 10ème (presque 75%) et de l’est : 11ème et 19ème acquis au premier tour, 18ème (72,5%) et 20ème (69,5%), mais aussi le 13ème (69,88%), 12ème (64,77%) et 14ème (57,37%). Mais l’absence de gains territoriaux espérés empêche de transformer une nette victoire en triomphe.
Dans le 5ème, notre progression constante depuis dix ans, couronnée par l’accès à la majorité absolue aux régionales de 2004 et au second tour de la présidentielle de 2007 nous a fait espérer la victoire.
Pourtant, les fondements de celle-ci n’étaient pas assurés, dès le premier tour. En effet, notre belle progression par rapport à 2001 (un gain de 1 871 voix) ont occulté le recul de 566 voix du total des voix de gauche (socialistes, Verts et extrême-gauche). Bilan : les réserves de gauche qui atteignaient 4 383 voix en 2001 n’étaient plus que 1 946 en 2008, notamment en raison de l’effondrement du vote Verts, divisé par plus que deux (3 208 en 2001, 1 285 en 2008).
Malgré notre dynamique de rassemblement qui nous fait progresser de 2 857 voix au second tour, soit 911 voix de plus que le total théorique des voix de gauche, Tibéri progresse également de 2 311 voix et maintient son avance du premier tour. Notre dynamique fait reculer l’abstention, qui reste aux alentours de 30% en 2001 comme en 2008 (mais une participation nettement supérieure à la moyenne parisienne de 43% d’abstentions). Entre les deux tours, l’abstention diminue de 1 759 voix en 2008 contre un recul de 662 voix en 2001.
Cependant, comparé au second tour de 2001, la gauche ne progresse que de 102 voix, tandis que le vote Tibéri recule de 1 284 voix. Avec 3 385 voix au premier tour et 2 730 voix au second, le vote du MODEM, qui recule néanmoins entre les deux tours de 655 voix, apparaît donc davantage comme un vote refuge qui a « stocké » l’électorat de droite ne voulant pas voter Tibéri. Autrement dit, la présence du MODEM n’explique pas la faible progression de la gauche au second tour des municipales en 2008. L’adversaire a été sous-estimé, car il avait un double visage. Le MODEM n’était pas là pour nous porter secours au deuxième tour mais était bien là pour nous voler la victoire, au nom d’une égalité mise entre le PS et l’UMP. Meyer a donné l’illusion d’être en capacité de tirer les marrons du feu alors qu’il n’attisait que celui qui allait réduire en cendres nos espérances. Il me semble que le vote MODEM a accueilli l’expression d’une certaine lassitude des électeurs, qui s’était fortement exprimée dès les législatives de 2007 mais à laquelle nous n’avons pas su apporter de réponse.
Le 5ème ne s’inscrit donc pas dans la dynamique parisienne de ces élections municipales. A nous d’en tirer toutes les conséquences. Il ne suffit pas de revenir sur le choix de la tête de liste, sur la composition de la liste ou sur la stratégie de campagne pour construire l’avenir. Car je suis persuadé que la gauche finira par gagner le 5ème aux élections municipales, dès lors que nous aurons affermi et consolidé la poussée de la gauche. Mais pour ne pas commettre les mêmes erreurs en 2014, quelques enseignements doivent être tirés de la campagne. Une nouvelle page de notre combat électoral dans le 5ème doit s’écrire.
Les enjeux de l’élection ont été mal perçus. On ne dépersonnalise pas l’élection la plus personnelle qu’est le choix d’un maire. Un maire d’arrondissement n’est pas simplement le représentant du maire de la capitale. C’est aussi et surtout un élu de proximité auquel les électeurs s’adressent personnellement, font état de leurs problèmes intimes, bien au-delà de son étiquette politique. Prenant le contrepied de notre campagne, Tibéri s’est présenté aux électeurs en utilisant sa personne comme seul argument de campagne. Tibéri s’est présenté aux électeurs en utilisant sa personne ses critiques comme seuls arguments de campagne. Nous n’avons pas suffisamment contré ses attaques, notamment sur le « départ des classes moyennes », la « réduction » des crédits dont l’arrondissement aurait pâti, ou sur notre volte-face sur l’aménagement du boulevard Saint-Marcel.
Un nouveau cycle doit également débuter en posant de nouvelles fondations, plus solides qu’actuellement, et porter une double exigence : le rassemblement des socialistes et l’enracinement dans la vie locale. Nous parlons davantage à nous-mêmes qu’aux habitants du 5ème. Cette exigence est d’autant plus forte que la nouvelle défaite que nous venons de subir risque d’ouvrir la boite de Pandore des règlements de compte. Je propose au contraire de construire : offrir aux militants l’espace de débat que constitue cette lettre, animer une commission d’information sur les statuts et les enjeux du congrès, participer à la remise en route d’une dynamique collective, laborieuse, militante.
Au travail !
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